mercredi 18 mai 2011

La vie secrète des enfants mariées

Cynthia Gorney écrit sur le mariage d'enfants rajasthanais : Radha, Gora ou encore Rajani, une jeune mariée de 5 ans "vêtue d'un t-shirt rose orné d'un papillon sur l'épaule et de lunettes de soleil en plastique".

"To Young to Wed - The Secret Life of Child Brides" paru ce mois-ci dans The National Geographic.


Smita, 13 ans, après son mariage au village de Raghogarh près de Bhopal, en Inde (photo AFP).

mardi 17 mai 2011

"I knew readers hadn't gone away..."

« Lorsque le romancier William T. Vollmann (gagnant du National Book Award) s'est rendu au Japon ce printemps pour investiguer sur la catastrophe de Fukushima, coincé à l'intérieur de la zone de contamination, il a fait ce que tout journaliste voudrait faire. Il a acheté un dosimètre pour évaluer les niveaux de radiation. Il a pris "comprimés d'iode datant de la Guerre Froide", qui ont provoqué des picotements sur sa langue et lui a laissé une éruption cutanée. Il a décidé d'ignorer les statistiques, les déclarations officielles pour faire confiance à ses observations, à ses conversations avec les survivants, à ses impressions : une sorte de vue d'ensemble. "La capacité étonnante qu'on les officiels japonais à ne dire absolument rien", écrit-il, "n'a d'égal que le degré de confiance absurde que le public leur confère."

source de l'image : www.tablet-reviews.com


Comparer l'histoire derrière l'histoire et la raconter à leur manière, c’est ce que les journalistes ont toujours fait. Pensez à Norman Mailer, lorsqu’il écrivait sur la Convention démocrate de 1968 à Chicago, ou à Joan Didion dans Haight-Ashbury, ou encore à Denis Johnson, enquêtant depuis un « Rainbow Gathering » dans les années 1990 (…)Et pourtant, il y a une différence - quand [la pièce de Vollmann] sur Fukushima, "Into the Forbidden Zone", est sortie la semaine dernière, ce n’est pas imprimée dans un magazine comme l’ont été les œuvres de ses prédécesseurs. A vrai dire, elle n’a même pas été imprimée du tout… »

La suite (en anglais) de cet excellent article de David L. Ulin pour le Los Angeles Times sur les plateformes numériques comme futur du journalisme narratif, c'est ici.

samedi 14 mai 2011

Eu-ro-vi-sion !

Le Concours Eurovision de la Chanson par Anthony Lane, journaliste au New Yorker : Only Mr. God Knows Why. Ca a un an, mais c'est toujours très bien.



Et ça, ça a 31 ans, mais c'est toujours très bien aussi !


samedi 7 mai 2011

Byliner lance sa seconde publication

Après "Three Cup of Deceit" de Jon Krakauer (surtout connu de notre côté de l’Atlantique pour l’adaptation cinématographique de son livre Voyage au bout de la solitude par un certain Sean Penn sous le titre d’ "Into the Wild"), la maison d’édition Byliner sort sa deuxième publication par internet : "Into the Forbidden Zone: A Trip Through Hell and High Water in Post-Earthquake Japan" de William T. Vollmann.

Avec cette seconde publication, Byliner propose aux lecteurs une chronique de la vie japonaise post-catastrophe de Fukushima. « Il nous a semblé évident que ce qui se passait au Japon allait être une histoire extrêmement importante » explique Tayman. « Nous qu’un écrivain raconte cette histoire alors qu'il était encore en cours. »


William T. Vollmann lors de son séjour au Japon
(source de la photo : www.mashable.com)

La rapidité des délais de mise à disposition est un facteur essentiel dans le fonctionnement de Byliner. Comme l’explique son directeur général, John Tayman (éditeur de magazine, journaliste et écrivain de profession) « nous veillons à éviter de tomber dans le piège des lourdes infrastructures propres aux maisons d'édition classiques ». La publication directe par voie électronique représente ainsi une alternative intéressante qui permet en effet de prendre un « raccourci ».

Généralement les choses se passent comme suit : une équipe éditoriale définit quelles sont les histoires « qui valent la peine qu’on les raconte ». Pour chaque « article », elle sollicite l’auteur qu’elle considère comme le plus à même d’écrire sur le sujet et l’envoie sur le terrain. Après la publication, l’auteur reçoit 50% de la recette.

Le site Byliner.com constituera une importante base de données comprenant des articles de magazines, de journaux sur une grande variété de sujets. Il devrait également faire office moteur de découverte pour les lecteurs friands de journalisme « version longue ». Si vous aimez Adrian Nicole LeBlanc par exemple, vous l'inscrivez, et Byliner vous recommandera d'autres journalistes moins connus que pourriez également apprécier.

Il devrait être opérationnel dans le courant du mois de mai.

Et pour les curieux, un extrait d'"Into the Forbidden Zone" est disponible ici.

dimanche 1 mai 2011

Le journalisme littéraire ne se meurt pas !

Dans un article précédent, Jean-Paul Marthoz nous avait fait part de son optimisme quant à l’avenir du journalisme narratif. Cet optimisme s’avère partagé par les intervenants de la conférence intitulée « The Power of Narrative: The Rebirth of Storytelling » qui s’est tenue les 29 et 30 avril à la Boston University College of Communication.

D’éminents écrivains, rédacteurs, agents littéraires et des éditeurs s’y sont retrouvés pour débattre du futur du la narration, du récit comme forme journalistique. Parmi les invités on peut citer notamment Susan Orelan (écrivain et journaliste à Rolling Stone, Esquire et Vogue), Gay Talese (une des légendes du Nouveau journalisme), Isabel Wilkerson (professeur à l’université de Boston et première afro-américaine à avoir gagné le prix Pulitzer) et la rédactrice en chef du New York Times, Jill Abramson.

Si on s’inquiète du futur du journalisme, quelle est la menace ? Etant donné que ce type de journalisme requiert un travail d’investigation intensif et donc de longue durée il faut que les éditeurs et les rédaction choisissent de mettre de l’argent dans de tels articles et donc espérer que les lecteurs aient envie de les lire – chose pas toujours évidente.

A une époque où , où l'ont annonce régulièrement la mort du journalisme et où celui-ci se « dépêche » plus que jamais, y a-t-il encore un désir de la part des lecteurs de lire ce type de journalisme « long-métrage » ?

A l’issue de la réunion, les débateurs répondent « oui », arrivant à la conclusion que l’appétit pour des articles bien écrits, bien documentés existe et existera toujours. C’est en tout cas le cas aux Etats-Unis, où la tradition du journalisme narrative est bien plus ancrée que dans le reste du monde et où, comme l’a souligné l’agent littéraire Amanda Urban, les œuvres de « non-fiction » se vendent beaucoup mieux que les romans.

Isabel Wilkerson et Gay Talese


Mais là où le sujet devient plus épineux, c’est quand il s’agit de savoir où ce type d’article pourrait être publié et comment faire pour que ceux qui les écrivent puissent en vivre.

Abramson a évoqués certains nouveaux débouchés comme The Atavist (dont nous vous parlions il y a quelques temps) ou encore Longreads.com qui recueille sur son site des récits de journalisme littéraire à partir de diverses publications et indique au lecteur combien de temps il faudra pour lire chaque article. Les salles de rédaction à but non lucratif comme ProPublica financent la réalisation d’articles de journalisme d'investigation, dont l'un a gagné le prix Pulitzer 2011 pour les Reportages Nationaux. Toutes ces entreprises étant relativement récentes, on ignore encore quels bénéfices pourront en être tirés.

Pour ce qui est de vivre du journalisme littéraire, Hampton Sides, rédacteur à Outside a déclaré : "Le journaliste littéraire est nécessairement pauvre. Quelqu’un qui pense qu’il va gagner beaucoup d’argent ne devrait pas faire ce métier. On fait ce métier parce qu’on l’aime, parce qu’on est passionné par le sujet. L'argent viendra plus tard. Ou pas. "

Susan Orlean, a elle émis une déclaration qu’elle a définie comme "digne des slogans d’encouragement que scandent les pom-pom girls" : "malgré toutes les sombres prédictions, j’ai l’impression qu’il n'y a jamais eu de meilleur moment pour raconter des histoires."



Via buquad.com

vendredi 29 avril 2011

Philip Norman et la Reine


La Reine Elizabeth II, le Prince Philip et leurs quatre enfants, Andrew, Edward, Charles et Anne dans les années 1960.


Pour célébrer le mariage royal voici une perle issue des archives du Granta : un essai de l’écrivain Philip Norman (biographe de John Lennon) intitulé "Grandma Norman and the Queen" publié dans un numéro datant de 1985. L’auteur y évoque ses souvenirs de la famille royale britannique à travers les différentes étapes de sa vie : enfant, il a mangé son petit-déjeuner dans un bol commémoratif du couronnement d’Edward VIII ; écolier, il a pleuré la mort du roi George VI ; en tant que journaliste, il a pris un café au Buckingham Palace avec le Prince Charles, encore jeune homme. Il se souvient aussi du Jubilé d’argent de la Reine et comment « la fiable petite souveraine chapeautée de pétales a réconforté la nation par sa constance ». Pour le lire, c'est ici.


Et en bonus, l'aperçu d'un autre ouvrage menant l'enquête sur les moeurs royales. D'un autre genre, mais non moins poétique.


lundi 18 avril 2011

Congotronics vs Rockers

Bientôt sur Tiny Mummies, une immersion dans la préparation de la tournée "Congotronics vs Rockers", réunion musicale de 10 musiciens "tradi-modernes" congolais (Konono n°1 , Kasai Allstars) et de 10 rockers européens et américains (Juana Molina, Deerhoof, Skeletons, Wildbirds & Peacedrums et les Girls in Hawaii). Restez connectés !


Konono n°1